Ma vie d’expatriée #4 : vie professionnelle et expatriation, le deal compatible ?

histoire expatrie lavienmots

Vie professionnelle et expatriation : voilà un sujet bien vaste et pourtant, tellement intéressant (à mes yeux, du moins). Intéressant d’un point de vue personnel car il impose une certaine réflexion et intéressant d’un point de vue plus altruiste, si tant est qu’on s’intéresse à l’expérience des autres (et c’est bien mon cas).
Cet article participe au rendez-vous mensuel #HistoireExpatriée organisée par Lucie du blog L’Occhio di Lucile. Ce mois-ci, le thème a été choisi par Hélène du blog A French in Mexico.
J’avais donc très envie d’écrire un article qui me permettrait de réfléchir sur mon parcours professionnel depuis mon départ de Belgique il y a bientôt 3 ans, et d’imaginer un peu mon futur.

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Mon départ de Belgique, mon premier travail


Comme je vous l’avais déjà expliqué il y a bien longtemps dans mon bilan des 6 mois à Lisbonne, ce n’est pas moi qui suis venue chercher la capitale portugaise mais c’est elle qui est venue me prendre, grâce au travail.
Après un an de recherche active de boulot et un séjour linguistique Outre-Atlantique, j’avais enfin trouvé le bon deal : travailler à l’étranger. Je savais d’avance que le boulot ne serait pas celui de mes rêves (je travaillais en call center, à l’époque) mais pour moi, ce n’était pas important. J’avais enfin trouvé un travail après des heures et des heures de recherches désespérées et je pouvais enfin rentrer dans la vie active, qui plus est, dans un cadre plutôt idyllique !

Après 18 mois dans cette entreprise dont je tairais le nom, j’en ai eu marre. Le call center n’était pas fait pour moi, je n’en pouvais plus du management de la dite entreprise. Bref, malgré tout ce que j’avais appris (le call center est une très bonne école professionnelle et personnelle), j’aspirais à un job plus épanouissant. Et là, ce fût LA grande remise en question : rester, aller dans un autre pays ou “abandonner” et rentrer en Belgique ? J’ai persévéré et j’ai trouvé un travail de secrétaire en français dans un banque à Lisbonne (dont je tairais le nom aussi).
Et après quelques mois, c’était sans appel, je me faisais la même réflexion que pour ma première expérience : ce n’est pas ce que je veux faire de ma vie, j’ai besoin de plus.

En plus de me sentir “étouffée” dans mon travail, je commençais tout doucement à sentir le besoin de voir autre chose, de changer d’air et d’aller vers une nouvelle vie… Et puis, le hasard fait parfois bien les choses puisque je suis allée à Madrid pour le nouvel an et là, révélation ! C’est là-bas que je voulais vivre. Je n’avais jamais ressenti cela auparavant, arriver dans une ville et s’y sentir comme chez soi directement. Après plusieurs semaines de discussion avec Monsieur, nous avons pris la décision de partir vivre cette nouvelle vie espagnole. A l’heure de la publication de cet article, je serai à Madrid depuis moins de 24h. J’ai déjà trouvé un travail et ici encore, je sais d’avance qu’il s’agira d’un job alimentaire puisque me voilà de retour dans le monde du call center ! C’était pour nous, la meilleure manière de rentrer en Espagne rapidement en ayant une sécurité d’emploi. Mais qui sait, peut-être m’y plairais-je plus qu’il y a deux ans ? 🙂

Vie professionnelle et expatriation, le deal compatible ?


Maintenant que vous connaissez mon parcours, je peux enfin répondre à cette question ! Et pour le moment et vis-à-vis de ma propre expérience, la réponse est non. Sauf si l’on trouve un travail dans sa branche (par exemple, être professeur de français à l’étranger) ou que votre entreprise vous envoie en mission temporaire à l’étranger (c’est d’ailleurs la vraie appellation légale pour “expatrié”), je ne pense pas que la vie professionnelle à l’étranger puisse être très épanouissante, surtout si vous ne parlez pas la langue du pays parfaitement (ce qui est mon cas, évidemment, sinon, ce n’est pas drôle).

Mais en y réfléchissant, est-ce bien grave ? D’accord, le travail est le lieu dans lequel nous passons le plus de temps (pour le Portugal et maintenant, l’Espagne, c’est un 40h/semaine en plein dans la face) mais à côté de cela, vous vivez dans un pays totalement différent du vôtre.
Personnellement, depuis que je vis à l’étranger, je profite des espaces extérieurs différemment (en gros, je reste moins chez moi à faire la feignasse), j’ai envie de voyager plus (et je le fais), de me balader plus, de découvrir la culture du pays dans lequel je vis. Et finalement, c’est bien plus enrichissant qu’un super chouette travail. Alors, bien évidemment, je ne vais pas faire l’hypocrite : si je pouvais avoir les deux, je serai la plus heureuse du monde ! Mais je me rend compte de la chance que j’ai d’avoir un travail (déjà, hein parce que ce n’est pas donné à tout le monde, malheureusement), un toit et de vivre dans un super pays qui m’a fait mûrir et vivre plein d’expériences que je n’aurais pas vécues en Belgique !

Qu’est ce que je retiens de cette réflexion, alors ?


En ayant analysé mon parcours pour la rédaction de cet article (mais pas que), j’en retire deux choses principales.
La première, c’est que même si je n’ai pas (encore) trouvé le job de mes rêves loin de la Belgique, j’ai tout de même eu de la chance dans mon petit parcours professionnel. J’ai été formée gratuitement pour faire les deux jobs dont je vous parlais plus haut, j’ai eu des possibilités d’évolution et j’ai pu toucher à des métiers auxquels je n’aurais jamais pensé postuler si j’étais restée en Belgique. Et le plus important, j’ai réellement l’impression que les entreprises à l’étranger laissent plus de chance aux étrangers (et peut-être pas qu’aux étrangers, d’ailleurs).
Par exemple, je suis quasiment sûre à 100% que si j’avais postulé à un emploi similaire à celui de secrétaire en Belgique (surtout dans une banque de renommée comme la mienne), je n’aurais JAMAIS été engagée. Pourquoi ? Par manque d’expérience, évidemment ! Et c’est grâce à mon installation au Portugal que j’ai pu me forger cette expérience, justement. Je suis sûre que si je rentre en Belgique aujourd’hui, je pourrai postuler sans soucis pour un poste similaire et avoir plus de chance d’être engagée (mais je ne le ferai pas, sorry Maman, haha).

La deuxième, c’est qu’il est vraiment temps que je me bouge les fesses, haha ! J’ai des idées par milliers en tête, de projets que j’ai envie de mener à bien en tant qu’indépendante, par exemple. Des rêves de rédaction, de développement artistique, et je n’ai jamais pris la peine de faire bouger les choses correctement (peu importe où je me trouvais).
Et avec mes ressources et mon imagination, je suis sûre que je peux transformer ma vie professionnelle et l’expatriation en deal compatible ! Je n’ai pas envie de rester sur ma faim professionnelle à longueur de temps, j’ai envie de pouvoir également m’épanouir à 100% de ce côté-là et je pense que ma nouvelle vie à Madrid va m’y aider ! Je me retrouverai dans une nouvelle dynamique, avec plus d’énergie et d’envie d’avancer et de découvrir la vie sous tous ses angles.
Je pense donc que ce départ et cet article (qui m’a permis d’exorciser un peu) tombent au bon moment et comme dirait l’autre, “y’a plus qu’à” ! 😉

J’espère que cet article un peu plus personnel que ceux que j’ai l’habitude d’écrire vous aura plu, rassuré ou inspiré !
J’aimerais beaucoup avoir vos retours sur vos parcours personnels par rapport à votre vie professionnelle, à l’étranger ou pas 😉

10 Replies to “Ma vie d’expatriée #4 : vie professionnelle et expatriation, le deal compatible ?”

  1. Moi aussi je souhaite vivre à l’étranger, ne serait-ce qu’un an pour voir ce que ça fait déjà 🙂 J’ai prévu de partir à Londres, mais je t’avoue que l’inconnu me fait très peur. Mais je me dis que si on se lance pas, on n’y arrivera jamais ! Parfois c’est bon de mettre un pied vers l’inconnu 🙂 On y découvre pleins de nouvelles choses 🙂
    Bisous.

    1. Oh oui, tant que tu le peux fonce, c’est l’expérience d’une vie, ne serait-ce que pour une année 🙂
      Et puis Londres, ça a l’air d’être une super ville pour vivre !! Bonne chance dans ce cas !!

  2. DUPONT DOMINIQUE says: Reply

    Comme j’aime cet article, comme il est tellement toi !!! J’admire, chaque jour, cette capacité d’adaptation… Et je ne le dis pas parce que je suis ta maman, je le dis objectivement, tu y arriveras, à cet équilibre, je le sais, je le sens… tu as toutes les ressources en toi et il “suffit” simplement de donner un coup de pied au derrière de tes doutes…. Je suis fière d’être ta maman et je suis convaincue que tu trouveras sur ta route les gens, les villes, les événements… qui te feront atteindre ton but !

    1. Moooh ma petite Maman… Merci tellement pour ces jolis mots ! Et si je suis comme ça aujourd’hui, c’est aussi grâce à l’éducation que tu m’as donné et ta confiance en moi et mes projets de vie !!
      Je ferai tout pour y arriver !! 🙂

  3. J’ai vécu plusieurs fois à l’étranger pendant des courtes périodes et j’ai aussi beaucoup aimé! Ne pas parler la langue ne m’a pas forcément dérangée car j’étais dans des pays où ils parlent parfaitement anglais et je me débrouille bien aussi dans la langue de Shakespeare. Surtout, j’aimais l’espèce de gymnastique du cerveau pour réussir à faire des phrases dans une langue qui n’est pas la tienne. J’ai aimé partager et comparer la vie entre les deux pays et apprendre des nouvelles choses chaque jour. C’est vrai que quand on est à l’étranger, on est beaucoup plus ouvert, beaucoup plus curieux car on ne sait pas toujours combien de temps ça va durer.

    J’aimerais bien retourner à l’étranger dans le futur, pour une période plus longue (mais définie), mais pour ça, il va falloir convaincre monsieur!

    1. Ah c’est sûr que c’est un projet généralement plus facile à mener seule mais ça pourrait une superbe expérience de couple (comme je suis en train le vivre en étant venue à Madrid) !
      Je pense que l’expatriation, de longue ou de courte durée, est une des meilleures écoles de vie 🙂

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  5. Je découvre ton blog grâce aux Histoires Expatriées alors j’en profite pour y laisser une petite trace… je vois que tu as beaucoup bougé et essayé plein de choses. Même s’il faut trouver un équilibre entre boulot de rêve et boulot alimentaire, c’est sympa que tu te donnes cette chance et je te souhaite plein de bonnes choses pour la suite!
    https://maevasmapamundi.com

  6. Félicitations pour ton parcours et ces expatriations, cela nous forme tellement ! Certes il y a forcément des côtés plus négatifs mais on apprend tellement d’une telle expérience que ça vaut le coup de tenter !

    1. Merci pour ton gentil commentaire ! 🙂 Et c’est exactement pour ce que tu as dit que je ne m’arrêtes pas, le voyage et l’expérience à l’étranger sont bien plus enrichissants que le travail parfois 🙂

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