Ma vie d’expatriée #10 : la distance.

histoire expatrie lavienmots

Après vous avoir parlé de mes nouvelles habitudes dans mon pays d’adoption, je vous reviens avec une nouvelle participation au rendez-vous #HistoiresExpatriées créé par L’Occhio Di Lucie.
Ce mois-ci, le thème est « La distance » et a été mis en place par Lily’s Road.

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La distance… Sujet bien vaste et complexe à la fois. Après presque 4 ans de vie à l’étranger, la distance avec ma famille et mes proches aura réussi à faire remuer beaucoup de choses en moi. Et depuis, j’ai réussi à en tirer les bons et les mauvais côtés (oui, parce qu’il y a des deux !).

Ma vie d’expatriée et la distance : les bons côtés


Comme je vous l’avais déjà expliqué dans mon article sur ce que la vie à l’étranger m’a appris, le fait de me retrouver livrée à moi -même du jour au lendemain m’aura appris à gagner très vite en indépendance dans ma jeune vie d’adulte.
Lorsque je dois faire des choix de vie, futiles et moins futiles, je suis obligée de réfléchir par moi-même avant d’en parler à mes proches. C’est quelque chose que je ne faisais pas forcément lorsque je vivais en Belgique. Je savais que j’avais tout le monde à côté de moi et il était plus facile de leur demander directement leurs avis plutôt que de réfléchir et essayer de prendre d’abord une décision par moi-même.

Mon indépendance m’a donc appris à me faire davantage confiance et à m’écouter !

Autre point positif, selon moi, de la distance lorsqu’on est expatrié, c’est de savoir sur qui on peut vraiment compter dans notre vie. Comme pour le point précédent, j’en ai également parlé plus en détails dans mon article ; « ce que vivre à l’étranger m’a appris« .
Le jour du départ, on croit que tous nos amis et copains le resteront malgré la distance et en fait, il n’en est rien. Aujourd’hui, je peux compter mes vrais amis sur les doigts de mes mains. Avant de quitter la Belgique, j’avais plusieurs bandes de copains que je voyais régulièrement et avec lesquels je parlais quasi quotidiennement.
Mais, comme le dit le dicton, « loin des yeux, loin du coeur ». Evidemment, c’est la vie qui nous a séparé et pas une dispute ou un malentendu. Les gens évoluent, les rythmes de vie aussi et nos chemins ne sont tout simplement plus compatibles. Mais ce n’est pas pour cette raison que ces personnes ne sont plus dans mon coeur, loin de là 😉

La distance m’a donc appris à savoir qui sont mes vrais amis !

Le dernier bon côté de la distance est que les retrouvailles avec les proches sont intenses ! Je me suis rendue compte que les moments en famille et entre amis étaient précieux et qu’il fallait en savourer chaque seconde. Pour moi, la distance m’a fait réaliser que j’avais énormément de chance d’être aussi bien entourée (loin, certes) dans ma vie et lorsque j’ai la possibilité de partager un moment avec les miens, je le vis à 1000%. Et surtout, j’ai aussi appris l’importance de mettre des mots sur ses sentiments. Certes, ce n’est pas toujours simple et je n’y arrive pas à chaque fois, mais petit à petit et du mieux que je peux, une intention, un « je t’aime » par-ci par-là rendent ces moments et ces relations d’autant plus riches 🙂

La distance me permet de savourer intensément mes moments avec mes proches ! 

Ma vie d’expatriée et la distance : les mauvais côtés


En dehors de tout l’aspect personnel, il y a tout de même des moments où j’ai envie de voir mes proches et où le manque se fait ressentir. Pas forcément pour une raison particulière mais les jours de blues, j’ai envie d’aller boire un verre avec mes copines, de passer faire « coucou » à ma maman ou encore, de passer ma soirée à jouer à des jeux de sociétés en famille ! Les moments de la vie familiale quotidienne sont finalement ceux qui me manquent le plus dans ma « nouvelle » vie.
Dans les « bons côtés de la distance« , je vous évoquais l’indépendance et le gain de confiance en moi. Mais dans les coups durs, il est parfois peut-être un peu plus difficile d’être livrée à soi-même et de garder un temps sa colère ou sa tristesse pour soi (en vrai, j’ai juste envie de redevenir un bébé et de chialer dans les bras de ma maman haha).

La distance me met à rude épreuve lors des coups de mou

L’autre désavantage de la distance et pas des moindres, ce sont les concessions. Louper un anniversaire, une baby shower, une visite à la maternité, un baptême ou encore, une pendaison de crémaillère, je ne vais pas vous le cacher, c’est, pour le dire platement, chiant.
La vie à l’étranger m’oblige constamment à faire des choix sur la période à laquelle je vais me rendre en Belgique. Mes visites deviennent presque stratégiques car j’essaye (pas toujours) de m’y rendre lorsqu’un chouette évènement se prépare. Au moins, cette technique me permet de faire d’une pierre deux coups (expression de 1910, bonjour !) et non seulement, je me fais plaisir mais je sais également que je fais plaisir à mes proches !

Mais malheureusement, il y a des moments où il est juste impossible pour moi de rentrer un week-end pour l’anniversaire d’un tel parce que les billets sont très cher en last minute et que se déplacer du vendredi soir au dimanche soir, c’est tout simplement épuisant. Mais, la bonne chose, c’est que mes vrais amis et ma famille l’ont vite compris et qu’ils ne m’en veulent pas (ou plus. Ou, ils font bien semblants).

La distance m’oblige à faire des concessions constamment

Bien qu’il y ait des bons et des mauvais côtés à la vie à l’étranger, vivre en Espagne reste un choix que j’assume à 100% :).

Et vous, expatriés, commen gérez-vous la distance depuis votre nouveau pays ? 


Quelques autres participants du rendez-vous de ce mois :

On My Tree | Expatriée au Canada

Pauline du blog Etoile Verte | Expatriée en Corée

Trip Of My Life | Expatriée en Espagne

Eva du blog French Nippon | Expatriée au Japon

Catherine du blog 3kleinegrenouilles | Expatriée en Allemagne

27 Replies to “Ma vie d’expatriée #10 : la distance.”

  1. Je me reconnais beaucoup dans ton témoignage, aussi bien les bons côtés que les mauvais. J’ai parfois un peu ce « tiraillement » entre ma vie quotidienne à l’étranger et celle en France, difficile parfois de concilier les deux. Mais en effet, ça permet de savourer les week-end et vacances avec nos proches.

    1. Les choix sont loin d’être faciles à faire mais vivre à l’étranger demande beaucoup de concession… Je pars du principe que si on arrive à concilier les 2 en étant heureux et que nos proches le respectent, c’est le principal !

  2. […] Morgane, au Portugal et maintenant en Espagne. […]

  3. Belle « analyse » des bons et des moins bons côtés de la gestion de la distance. Il y a forcément du positif dans l’expatriation sinon nous ne serions pas autant à tenter l’expérience 🙂 Merci Morgane pour ton partage !

    1. Oh oui 🙂 heureusement que le positif prend généralement le dessus dans ce mode de vie (pour moi du moins) ! Super thème choisi en tout cas, merci à toi !

  4. On a la possibilité de partir soit en nouvelle Zélande soit au Canada mais je ne me vois pas partir alors que mon père est encore vivant (glauque bonjour lol). Ma fille adore son papy. 1h30 de voiture, c est déjà compliqué pour elle de ne plus le voir comme quand on habitait à 20mn…

    1. C’est sûr qu’avec des enfants, les décisions sont plus difficiles à prendre vis-à-vis de leurs habitudes et de leur entourage ! D’autant que le Canada et la Nouvelle-Zélande, ce n’est pas la porte à côté ! Il faut peser les pour et contre et voir pourquoi tu envisages de partir et si les raisons sont « valables » (du style : opportunité professionnelle etc 🙂 )

  5. Hello Morgane ! Merci pour ce partage d’expérience 🙂 C’est intéressant car, même si je n’ai pas changé de pays, j’ai récemment changé de région et de style de vie, et je me retrouve très bien dans ton témoignage. Anciens parisiens de la banlieue Ouest, nous nous sommes « expatriés » en Bretagne, en bord de mer. Le choc culturel a été au rendez-vous ! Je voulais te demander si, comme moi, il t’est arrivé de perdre un ami après avoir fait une concession justement…comme tu en parles. Dans mon cas, je n’ai pas pu aller au mariage d’une amie, et elle a pris cela comme une trahison. J’ai fait mon deuil de cette amitié depuis, mais des échanges avec d’autres « expatriés » m’intéressent à ce sujet. Au plaisir d’échanger 🙂

    1. Hello ! 🙂 merci pour ton commentaire ! Même si tu restes dans le même pays, le changement reste le même ! D’autant plus en france, je pense, où les régions sont très différentes les unes de autres 🙂
      Personnellement, je n’ai jamais perdu d’amis de cette manière. Les seules fois où je n’ai pas pu rentrer pour un évènement important, j’ai bien expliqué les raisons aux personnes concernées. Alors certes, elles étaient déçues mais uniquement de la situation, pas de ma personne… Maintenant, j’ai perdu de très bonnes copines à cause de la distance… La vie fait son petit bonhomme de chemin et au fur et à mesure, les messages se font de plus en plus rares et la relation ne s’entretient plus (ce n’est pas le cas avec tous mes amis, heureusement sinon je serais seule au monde haha) !
      Dis toi que si des personnes ne peuvent pas comprendre que tu ne puisses pas toujours être là dans les grands moments de LEURS vies, c’est qu’elles n’étaient pas si précieuses 🙂

  6. J’ai vécu une dizaine d’années expatriée. Les meilleures années de ma vie. Après mon Master, j’aimerais bien reprendre.

    1. Wow 10 ans, c’est énorme ! 🙂 Et où as-tu vécu ?

  7. C’est vrai que quand tu retrouves tes proches après un long moment, c’est le moment de vivre l’instant à 100% et ça c’est vraiment chouette !!

    1. C’est pour ça que j’essaye de profiter à 100% lors de mes passages en Belgique 🙂 même si ce n’est pas toujours facile de voir tout le monde !

  8. Pour être partie de chez mes parents à 21 ans, direct en Angleterre pendant 8 mois, je comprends tout à fait ce que tu ressens ! Loin de notre famille, on se découvre, on apprend plus sur soi-même et on développe notre confiance 😊 mais, pareil, parfois ça ferait du bien d’avoir une personne proche lorsque l’on a besoin de pleurer un bon coup…

    1. Oh oui ! Heureusement, j’ai mon chéri mais ce n’est tout de tout de même pas pareil qu’une maman ou une meilleure amie !

  9. Hello quel bel article, finalement cette distance t’as fait grandir très vite. Je ne sais pas si je serais capable de partir seule vivre loin de mon entourage. J’aurais aimé vivre à l’étranger quelques temps mais pour l’instant cela ne s’est pas présenté.

    1. Si tu en as vraiment envie, je te conseille d’essayer de tenter l’expérience si en as les moyens ! Ne serait-ce que quelques mois, c’est une belle expérience et une manière de se dépasser 🙂

  10. Un très bon article qui résume parfaitement ce que j’ai pensé de la distance lors de mes 18 mois à l’étranger comme fille au pair. En effet, j’ai appris beaucoup sur moi-même, notamment sur comment me faire confiance, mais l’absence, de ma maman les jours de maladie se faisait vivement ressentir… depuis que je suis rentrée, je fais attention à aller voir plus souvent ma famille, et j’apprécie bien plus les weekends sans réseau chez mes grands parents. En revanche, je n’ai gardé qu’une ou deux amies, et j’ai trouvé que le plus dur n’était pas de prendre confiance en soi à l’étranger, de se trouver et de s’affirmer, mais de parvenir à continuer à être soi même dans sa petite ville une fois rentrée. Cette partie là a été difficile pour moi, sachant qu’à NYC je n’ai jamais subi la moindre pression, que personne ne m’a jugée, et que ma ville de France est petite et colle trop vite des étiquettes.

    1. De New-York à une petite ville fraçaise, le choc a dû être dur en rentrant ! De mon côté, je n’ai aucune idée de quand je rentrerai en Belgique mais ce moment, aussi loin est-il, me fait peur… Mes amis ayant pris l’habitude de vivre sans moi, j’ai peur d’être oubliée les premières semaines pour les sorties etc. Merci pour ton commentaire en tout cas 🙂

  11. Je comprends tout à fait ton point de vue ; plus jeune je me voyais voyager tout le temps, sans attache (moi qui ai une famille éparpillée aux 4 coins du monde) … J’ai beaucoup voyagé, fait des stages à l’étranger… Mais lors de mon semestre d’échanger universitaire à Sydney j’ai compris que ce n’était pas si simple (quand parfois ce n’est même pas le même jour!). Et finalement le hasard a fait que j’ai trouvé mon 1er boulot à Paris, y suis restée, ai fondé ma famille, sans jamais rien regretter grâce à cette belle expérience (et nous venons tout juste d’emménager à Marseille, ce qui ressemble à une expatriation lol)

    1. Haha Paris et Marseille, c’est sûr que ça n’a rien avoir donc oui, on peut dire que c’est de l’expatriation 🙂
      Cette expérience à Sidney devait vraiment être top mais en effet, l’énorme décalage horaire ne doit pas toujours être facile à vivre. De mon côté, je suis en Europe, ce qui facilite pas mal ma vie et mes relations en Belgique 🙂

  12. Etant expatriée au Canada, je valide ton article 🙂
    Heureusement que la technologie existe !
    Et on est chanceux car en 3 ans on a eu plusieurs fois de la visite de nos familles !

    1. Heureusement que la famille peut se déplacer aussi pour nous 🙂 et en plus, ça leur fait des vacances haha!

  13. Empow(h)ering Stories dit : Répondre

    Fraîchement expatriée de notre petite Belgique 🇧🇪 en Suisse je me retrouve dans ce que tu dis notamment pour le fait de louper les grands moments difficiles à prévoir comme les naissances. Mais je suis convaincue comme toi que les liens pourront rester forts avec ceux qui comptent vraiment. Un autre avantage c’est de pouvoir avoir des visites super riches en intensité avec les amis et la famille

    1. Oh oui, les retours au pays ou les visites de nos proches sont riches en émotions et en partage ! Ce sont des moments très précieux 🙂

  14. […] y a trois semaines, je vous parlais de la distance dans le cadre du rendez-vous #HistoiresExpatriées mis en place par Lucie du blog L’Occhio di […]

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