Ma vie d’expatriée #5 : ce que vivre à l’étranger m’a appris.

Ma vie d'expatriée ce que vivre à l'étranger m'a appris lavienmots

Dans une dizaine de jours, cela fera trois ans que je vis à l’étranger. Une expérience qui a évidemment changé ma vie en bien des points. De Liège à Lisbonne et de Lisbonne à Madrid, je serai passée de ma vie de post-adolescente à ma vie d’adulte.  J’avais donc envie, pour célébrer mon “expat-versaire” (oui, je viens d’inventer ce mot), de vous parler de ce que vivre à l’étranger m’a appris.

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Me dépasser


Et oui, comme je le disais plus haut, en m’installant à l’étranger, je suis passée de ma vie de post-adolescente à ma vie d’adulte.
Je suis partie de Belgique un peu avant mes 23 ans et avant mon départ, je vivais toujours chez mes parents et je n’avais jamais vraiment travaillé de ma vie. J’ai donc dû tout apprendre  toute seule. Entre un travail de salariée à temps plein, les tâches ménagères et le fait de me retrouver “toute seule” du jour au lendemain, cela n’a pas été de tout repos au début mais finalement, je me suis plutôt bien débrouillée (je trouve).
J’ai aussi dû m’adapter rapidement à un pays dont je ne connaissais rien : ni la langue, ni la culture, ni son mode de fonctionnement en terme d’impôts, de sécurité sociale, etc.
En bref, je n’ai pas eu le choix et c’est aussi cela qui m’a appris à me dépasser et à aller au-delà de mes limites. Je vous en avais d’ailleurs déjà parlé dans mon article consacré à la langue de mon pays d’adoption (le Portugal, à ce moment-là).

Savoir sur qui je peux vraiment compter


Partir loin du jour au lendemain implique plusieurs choses et notamment, se séparer de ses proches pour une période indéfinie.
Cela fait très peur car on ne sait pas comment les relations peuvent évoluer et sincèrement, c’est quitte ou double.
Si vous décidez de partir vivre cette expérience, vous allez en apprendre beaucoup sur vous-même mais aussi, sur vos proches. Vous allez très vite comprendre sur qui vous pouvez réellement compter.

Aujourd’hui, je me rends compte que j’ai perdu pas mal de personnes (qui resteront toujours dans mon cœur) et a contrario, que je me suis rapprochée de beaucoup de personnes. Vivre à distance, c’est le meilleur test d’amitié du monde. Je vous en avais parlé dans mon bilan des 6 mois à Lisbonne (ça date, quoi).
Et si vous voulez savoir qui sont vraiment vos amis, lisez plutôt cela : ce sont ceux qui comprendront votre choix sans jamais vous juger, qui consacreront leurs vacances annuelles pour venir vous voir, qui feront tout pour venir vous voir 2 heures si vous revenez un week-end au pays, ce sont ceux qui comprendront que cette fois-ci vous ne pourrez pas les voir parce “tu comprends, on s’est vu la fois dernière et cela fait 6 mois que je n’ai pas vu Machin”, etc.

Il y aura des déceptions, certes, mais finalement, quand je vois aujourd’hui qui est resté dans ma vie (et ces personnes se reconnaitront), je me dis que j’ai réellement de la chance quand même !

Faire des concessions


Ce point se rapproche un peu du point précédent. Je m’explique : vivre à l’étranger, c’est génial. Vous rencontrez de nouvelles personnes, vous découvrez un nouveau pays, une nouvelle culture et parfois, cela vous amène à voyager plus. Mais à côté de cela, il va falloir faire beaucoup de choix et votre conscience va en prendre un coup : vais-je pouvoir revenir pour l’anniversaire de mon frère, Noël, le mariage de ma sœur, la baby shower de ma super copine, etc… ? Et bien la réponse est non ! (je sais, je suis hyper positive comme nana).
Non, malheureusement, il va falloir faire des choix et c’est très difficile à gérer. Vous ne pourrez pas vous permettre de rentrer à chaque occasion importante parce que vous n’avez pas des jours de vacances indéfinis, parce que revenir implique un coût (bah oui, l’avion n’est pas encore gratuit, dommage) et aussi parce que vous aurez envie de voyager un peu pour vous et de ne pas consacrer tout vos congés à rentrer chez vous.
Et très sincèrement, avec l’expérience et le recul aujourd’hui, quel est l’intérêt de partir loin si vous ne supportez pas la distance qui vous sépare de vos proches ? Si vous ressentez le besoin de rentrer toutes les trois semaines ?
Partir vivre à l’étranger n’est pas donné à tout le monde, finalement (sans vouloir me jeter des fleurs, hein). Il faut pouvoir tenir le coup dans les moments mous et faire les bons choix. Dites vous que dans tous les cas, si vous n’avez pas pu rentrer pour une occasion spéciale, vos proches ne vous en voudront pas (ou alors, ils n’ont rien compris à la vie et surtout, à la vôtre) et qu’ils ne vous oublieront pas pour autant.

Se détacher des choses matérielles


Ce point peut paraître très futile mais finalement, pas tant que cela. Quand je suis partie de Belgique, j’ai déjà dû me  battre avec moi-même (et surtout avec ma valise) pour choisir les vêtements que je voulais prendre. J’ai laissé ma collection de DVD Disney, mon collector de Gainsbourg, mes photos et autres décorations. Cela peut paraître dérisoire mais laisser ces choses auxquelles on est attaché, même si on ne les utilise pas quotidiennement, ce n’est pas si simple.
Il s’est passé exactement la même chose quand je suis partie de Lisbonne pour Madrid. Parce que oui, sans s’en rendre compte, en trois ans, on en accumule des choses ! Et lors du départ, peu importe le transport que vous prenez (sauf si vous avez un camion, bande de chanceux), il va falloir faire du tri : des vêtements, des papiers, des ustensiles de cuisine, des serviettes, des bougies et j’en passe.
Vivre à l’étranger implique donc de se débarrasser ou du moins, de laisser des choses auxquelles on est attaché.
Et ce n’est pas toujours facile. Mais à côté de cela, quand on arrive à prendre du recul, on se rend compte que vraiment, un jean, un album ou une plante, ce n’est vraiment pas ce qui fait notre bonheur au quotidien ! 😉

Je pourrais vous parler encore de toutes ces choses que vivre à l’étranger m’a appris mais vraiment, ces quatre-ci sont les plus importantes et flagrantes à mes yeux.
Cet article est une manière pour moi de faire le point pour ce troisième anniversaire mais aussi de vous donner des conseils et vous ouvrir les yeux si vous décidez de partir vivre à l’étranger.
C’est la plus belle expérience d’une vie, plus importante que la vie professionnelle à mes yeux, mais elle implique des choix dont on ne se rend pas compte de suite.

Si vous avez des questions ou des doutes, n’hésitez pas à me les laisser en commentaire, j’y répondrais avec plaisir 🙂

Et vous expatriés, qu’avez-vous appris depuis votre départ ?

9 Replies to “Ma vie d’expatriée #5 : ce que vivre à l’étranger m’a appris.”

  1. Hello !
    Je n’ai pas encore eu l’opportunité de partir vivre à l’étranger, je n’ai que voyagé pour le moment ! Mais je me retrouve un peu (mais pas partout) dans ce que tu dis pour l’amitié 🙂 Mettre sa vie en stand by (vacances, WE) pour retrouver quelqu’un qui est parti, pas forcément mais si on en a l’occasion, oui bien sur ! J’avais une amie qui est partie 2 ans en algérie et nous avons eu du mal à garder contact. Bien que quand on s’est retrouvé, c’était comme si on s’était quitté la veille. Je ne suis pas téléphone et elle n’est pas mail, du coup, nous n’avons pas échangé beaucoup en 2 ans. Je crois que ça nous a peiné toutes les deux…pourtant, partir en algérie 1 semaine m’aurait plu !

    Belle jounée,
    Line de https://la-parenthese-psy.com/therapie/la-zootherapie/

    1. C’est aussi avec ton exemple que l’on reconnait les vraies amitiés ! J’ai une ou deux personnes dans ma vie avec qui il se passe exactement la même chose. On doit se faire une fois par an maximum, en se parlant via les réseaux une fois tous les – mois mais lorsqu’on se revoit, c’est comme si c’était hier, tout est naturel 🙂

  2. Merci pour cet article 🙂 C’est très intéressant surtout pour moi qui a prévu de déménager à Londres avec mon fiancé l’année prochaine. C’est quelque chose où il faut bien réfléchir, mais je pense qu’on a assez réfléchi et qu’on est sur de nous désormais 🙂 D’ailleurs, tout ce que tu énonce dans ton article ne me fait pas peur haha. On a pas vraiment d’amis et je sais que notre famille viendra nous rendre visite et comprendra lorsqu’on pourra pas venir pour tout les événements. Puis vu que Londres est pas très loin, j’ai la chance de pouvoir ramener toute mes affaires avec un camion. Bon, il y’a juste mes meubles je souhaite vendre ou donner, parce que c’est un peu chiant à ramener et que je suis pas attaché tant que ça à eux. Bref, je vais pas te raconter ma vie haha.
    En tout cas je pense que l’expatriation est une expérience enrichissante et qui peut même rendre la vie meilleure dans certains cas 🙂 J’espère que ça sera notre cas.
    Bisous.

    1. Hello ! Je n’ai qu’une chose à vous dire : foncez ! Surtout que comme tu le dis si bien, Londres est relativement proche et tu peux facilement rentrer un Week-end sans trop d’organisation, finalement 🙂
      Si aucun de mes points ne te fait peur, c’est que tu es prête, haha ! Bonne chance en tout cas dans ce nouveau projet de vie 🙂

  3. Hello ! Moi aussi ça fait trois ans que je suis partie de la France pour m’installer en Irlande ! Je me retrouve tellement dans ton article … Je vivais déjà seule, j’avais déjà travaillé un peu, mais quand on part à l’étranger c’est comme si on repartait totalement de zéro. Il n’y a pas nos parents pour nous aider, c’est juste nous et un tout nouveau système avec lequel se familiariser ! C’est dur au début d’abandonner son confort, ses proches, de devoir jongler entre les vraies vacances (partir découvrir un nouvel endroit) et rentrer en France pour voir la famille, les amis et tous les autres évènements. Mais bon, au final, on finit par s’y faire, non ? 🙂 Plein de bonnes choses pour la suite et bon expat-versaire ! 🙂

    1. C’est vrai qu’on fini par s’y faire et qu’on arrive à jongler entre ces deux types de vacances bien plus facilement ! Au final, j’ai l’impression que ce sont nos proches restés au pays qui ont plus de mal à s’y faire, malgré le temps…
      Merci pour ton commentaire 🙂 !

  4. Chouette article! Pour nous cela fera deux ans en novembre que nous avons déménagé en Afrique du Sud …

    1. J’adorerais visiter l’Afrique du Sud ! Et en tant qu’expatrié, le changement doit être encore plus “radical” que de rester en Europe, comme moi !

  5. Merci pour tous ces conseils. Les voyages sont vraiment instructifs!

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