Ma vie d’expatriée #16 : toute seule.

histoire expatrie lavienmots

Ce mois-ci, dans le rendez-vous des #HistoiresExpatriées initié par Lucie du blog L’Occhio di Lucie, on parle du fait d’être toute seule dans son pays d’expatriation et de la solitude en général ! Dès qu’Eva du blog French Nippon, marraine du mois, nous a proposé ce thème, j’ai dit oui sans vraiment savoir de quoi j’allais parler.

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Je ne sais pas pourquoi mais la solitude et le fait d’être seule avec moi-même m’a beaucoup inspiré. Il faut le dire franchement :  je n’aime pas la solitude. Bien sûr, j’aime passer une journée de temps à autre seule pour pouvoir écrire, faire ma manucure (so superficial) ou rattraper mes vidéos Youtube et autres séries ! Mais une journée ou un week-end me suffisent. J’ai toujours eu l’habitude de vivre dans une famille (recomposée) nombreuse, de voir souvent mes amis le week-end, d’avoir des activités en dehors de l’école et du boulot et c’est vrai que j’ai du mal à être avec moi-même. Alors, certes, je me suis expatriée il y a 5 ans et parfois, indépendamment de ma volonté, j’ai dû être confrontée à moi-même.

Du coup, sans le vouloir, j’ai appris à passer du bon temps avec ma propre personne. Me balader, faire du shopping, travailler à fond sur mes articles de blog, aller parfois au cinéma seule. Et même si je préfère être accompagnée, j’ai appris à apprécier ces moments avec moi-même. En ça, l’expatriation m’a fait grandir et je me fais moins peur (dis comme ça, on dirait que je suis un monstre. Rassurez-vous, ce n’est pas le cas j’suis super gentille) ! Et finalement, même si j’ai peu d’amis à Madrid (les seules se reconnaîtront hèhè) comme je vous en parlais dans mon article sur les relations sociales à l’étranger, je ne me sens même pas exclue dans mon pays d’adoption, bien au contraire !

Cependant, la solitude peut peser à certains moments. Quand il faut prendre des décisions professionnelles et personnelles et qu’on est moins entouré qu’à l’habitude. Être seule m’a appris finalement à ne compter que sur moi-même dans ce genre de situation. Même si ma famille et mes amis sont présents, que Monsieur l’est aussi, que je peux en parler avec eux tous, avouons tout de même que faire une réunion de crise en Facetime n’est pas la même chose (mais alors, vraiment pas). Je n’ai plus (ou presque plus) d’élèments qui pourraient m’influencer dans mon choix final. Et en soi, c’est plutôt chouette car j’ai appris faire confiance à mon instinct et à moins réagir sur le vif (les scorpions se reconnaîtront haha).

Le seul moment où je me suis véritablement sentie seule et que j’en ai réellement souffert, c’est lorsque j’ai perdu un être proche début d’année. En 5 ans, il y a eu des décès, il y a eu de mauvaises nouvelles mais ce deuil là a été le plus dur à gérer à distance. Et là, j’ai compris ce qu’était la solitude et la douleur (et je ne souhaite ça à personne). Bien que j’ai pu rentrer près des miens, vivre les derniers jours d’un être qu’on aime à distance, ne pas être près des personnes les plus touchées, c’est une sensation réelle de déchirement.

Voici à peu près tout ce que le thème « Toute seule » m’a donné comme inspirations. Et comme vous pouvez le constater, pour moi, la solitude et le fait d’être seule, c’est un peu comme le Ying et le Yang. Ça peut me faire souffrir autant que ça peut me réjouir. Mais quoi qu’il en soit, peu importe mon état d’esprit, le principal à retenir, c’est que j’apprécie de plus en plus ma propre compagnie et pour ça, merci Lisbonne et merci Madrid 🙂.

Et vous, aimez-vous être tout(e) seul(e) ? 


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13 Replies to “Ma vie d’expatriée #16 : toute seule.”

  1. Très belle éloge des bons moments en solo ☺️ c’est vrai qu’en allant vivre à l’étranger seule, on est, au moins au début confronté à la solitude mais moi ça me faisait du bien, après avoir passer une journée plongée dans une autre langue et une autre culture, de me retrouver au calme avec ma seule compagnie 😁

    1. Haha oui je peux te comprendre 🙂 personnellement, j’ai toujours travailler en français donc ça ne me fatiguait pas tant que ça !

  2. Ton article est touchant, merci pour ce témoignage !
    Je suis comme toi, j’aime être seule mais une journée me suffit ! En tout cas bravo d’apprécier de plus en plus tes moments seules 🙂

    1. Merci beaucoup pour ce gentil commentaire ! 🙂

  3. Très bel article ! Love you….

    1. Mooooh ! Me too Mamounette !

  4. Merci de ta participation.
    Je n’ose pas imaginer la douleur de vivre un deuil a distance, je sais que cela arrivera pour ma part et j’appréhende beaucoup, j’espère que j’aurai la possibilité d’être avec les miens à ce moment-là.
    Je constate que l’expatriation nous force un peu toutes à sortir de notre zone de confort pour se faire confiance et apprécier davantage sa propre compagnie en extérieur plutôt que juste chez soi 🙂

    1. J’ai eu de la « chance » dans ma malchance dans le sens où j’ai pu tout mettre en place pour rentrer quelques jours pour les funérailles. Mais c’est les jours d’avant qui sont très pénibles à vivre à distance, je me suis sentie super impuissante et nulle sur le moment alors que je sais pertinemment que je n’aurais rien pu faire de plus sur place…
      Pour le côté positif, je suis bien d’accord avec toi, depuis que je vis à l’étranger, je suis sortie de nombreuses fois de ma zone de confort et avec le recul, je trouve ça super ! 🙂

  5. C’est vrai que ce n’est toujours évident d’être seule lorsqu’on est expatriée.

    Je pense qu’il faut faire la différence entre être seule, être solitaire et être victime de solitude /se sentir seule. Parce que je crois que personne, même la personne la plus solitaire qui soit (je lève la main) aime la solitude. Je pense que c’est quelque chose que l’on subit plus qu’on le cherche. En revanche, il est vrai que lorsqu’on n’a pas l’habitude d’être seule, cela peut-être quelque chose de difficile à vivre. Mais une fois qu’on a ses petites habitudes, le fait d’être seule peut paraître moins compliqué. Cependant lorsque l’on vit quelque chose de très difficile, comme ce que tu as vécu, la solitude peut être plus qu’un ressenti, elle peut être physique et faire mal.

    Bon, je ne sais pas si je suis très claire dans tout ce que je raconte. En tout cas j’ai beaucoup aimé ce que tu as écrit sur le fait d’être seule et expatriée.

    1. Hello 🙂 tout est très clair et je partage bien ton opinion !Il m’est arrivé de me sentir seul mais je n’ai jamais vraiment souffert de solitude. J’ai toujours réussi à me faire des amis, à bien m’entendre avec mes collègues etc. Et même si ma vie sociale est moins remplie qu’en Belgique, j’ai réussi à bien le vivre et à en faire quelque chose de bien 🙂 merci pour ta réflexion !

  6. Coucou ! Je me retrouve tellement dans cet article … Avant de venir en Irlande, je ne savais pas me débrouiller seule. Je comptais toujours sur les autres pour m’accompagner, me tenir compagnie. Je suis très bien entourée ici, mais j’ai appris à faire des choses seules. C’est assez déroutant d’avoir du monde autour de soi tout en apprenant à se connaître d’une façon totalement inédite, qui n’aurait peut être pas été possible sans l’expatriation … Quant à la douleur de perdre quelqu’un, je te comprends tellement … C’est l’une des choses que je déteste le plus dans le fait de vivre à l’étranger. J’ai souvent ce sentiment de culpabilité de ne pas être auprès de ceux que j’aime, surtout dans les moments douloureux …

    1. Tu as tout résumé ! J’avais rarement l’habitude d’être seule ou de faire des activités seule et j’ai appris à apprécier davantage ces moments avec moi-même 🙂 et même si je rentre en Belgique un jour, je sais que je continuerai (et que j’aurais même besoin) de ces moments à moi !

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