Ma vie d’expatriée #6 : les relations sociales.

histoire expatrie lavienmots

C’est l’heure du rendez-vous mensuel #HistoiresExpatriées initié par L’Occhio di Lucie. Ce mois-ci, la marraine est Kenza du blog Cup of English Tea et elle a décidé de mettre à l’honneur les relations sociales ! J’ai eu assez de difficultés à trouver un angle qui me plairait pour cet article de ma vie d’expatriée (c’est pour ça que je le publie avec une semaine de retard, mea culpa). Je n’avais pas forcément envie de raconter ma vie, en mode : “comment se faire des amis à l’étranger”. Et c’est en réfléchissant à mon parcours que m’est venue tout naturellement l’idée de vous parler des relations sociales lorsqu’on part seule ou en couple !
Parce que oui, de Lisbonne à Madrid, j’ai eu l’opportunité de vivre les deux expériences et je peux vous assurer que (pour ma part, du moins) la différence est flagrante !

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Alors du coup, quelles différences entre partir seul(e) ou en couple ?

Près de trois ans à Lisbonne, des amis proches, une bande de potes, des amis communs et des après-midis entre filles. Partir seule dans un pays dont on ne connaît rien, cela fait très peur. On n’a plus aucun points de repères sentimental ou physique, on se retrouve seul à se demander si tout va bien se passer, si on va se plaire dans cette nouvelle vie et si on arrivera à se faire des amis. Et puis, tout naturellement, les copains arrivent dans votre vie. Tout simplement, parce qu’on n’a pas le choix (à part si on est un asocial). Et puis finalement, on se rend compte que ce n’est pas si difficile que cela, surtout lorsqu’on évolue dans un milieu professionnel international et cosmopolite. Que si on veut sortir le samedi soir, faire du shopping et des brunchs entre filles, ne pas manger seule à la cantine le midi, il va falloir se bouger le popotin et aller à la rencontre des autres, enlever toutes ses barrières, ses peurs et ses préjugés. Et c’est là que l’on rencontre des gens formidables et que parfois même, on rencontre l’amour (comme moi, hèhè).
La vie passe, on rencontre les amis de notre amoureux, on fait des activités séparément et le cercle s’agrandit. Et puis, la vie de couple fait que des projets arrivent dans votre vie à deux. Et là, le départ (suspeeeeeens).

Et là, on n’a plus du tout peur. Peut-être parce que l’on a déjà vécu cela et que l’on sait pertinemment que tout va bien se passer, mais aussi et surtout, parce qu’on part à deux et que notre repère, dès le départ, on l’a déjà. On sait d’office qu’on ne mangera plus seule à la cantine le midi (parce que oui, par facilité d’embauche, on se retrouve dans la même boite), qu’on pourra aller boire un verre le samedi soir et faire des activités le dimanche après-midi.
Mais, bien évidemment, se créer de vrais liens sociaux, c’est un peu plus difficile. D’abord par question facilité. On vient à deux, le premier jour au travail, on reste collé discrètement à l’être cher, on passe le temps de midi ensemble pour faire un debrief “premières impressions” et on remet cela le soir autour d’une bière. Le temps passe et finalement, les collègues nous voient constamment ensemble, sans forcément comprendre qu’en dessous de notre relation, se cache de l’amour et non pas de l’amitié. Et du coup, sans forcément le vouloir, la rupture se crée et les gens viennent moins vers nous parce que “c’est deux là, ils sont toujours fourrés ensemble, ils se connaissent, ne rentrons pas dans leur cercle”. Mais au contraire ! VENEZ, VENEZ !

Vous l’aurez compris, partir à deux, c’est une expérience géniale car on vit tout ensemble : les peurs, les démarches administratives, la découverte du pays, les premières impressions, le cocon et les repères. Un coup de mou ? Vous pourrez être sûr que vous aurez une épaule pour pleurer. Envie de sortie ? Votre acolyte est toujours à vos côtés.

Mais après trois mois à Madrid, je me rend compte que finalement, il faut davantage sortir de sa zone de confort (à savoir, arrêter de faire le koala agrippé à l’être cher) pour aller à la rencontre des autres. Parce que personnellement, je suis quelqu’un de très sociable et avec le temps, ce n’est pas forcément moi qui me met des barrières parce que Monsieur est avec moi et que cela me complait. Non, ce sont les autres, sûrement inconsciemment, qui ne viennent pas aussi facilement vers moi, vers nous, parce que nous étions deux dès le départ.
Alors que faire ? Persister, d’une part, mais surtout se trouver chacun nos activités pour rencontre des gens extérieurs au travail et se faire des amis.

Après trois mois, je pense toujours être en phase d’adaptation dans mon nouveau pays. Je me réadapte à un nouveau travail qui me prend beaucoup d’énergie (call center Bonjour !), à mon nouveau quartier, mon nouvel appartement que l’on doit encore décorer, à apprendre les phrases de bases en espagnol et à découvrir les jolis coins de la ville. Le temps file et il est vrai que je n’ai pas encore trouvé ma nouvelle super copine, que je n’ai pas encore trouvé une troupe de théâtre et que je n’ai pas encore commencé les cours d’espagnol. Mais je prends mon temps, parce que j’en ressens le besoin. Que pour le moment, être seule avec Monsieur le samedi soir ne me pèse pas et que je me connais, je me fais confiance (pour cela, du moins) et que je sais que je me ferai des potes ici. Et surtout, et je pense que c’est le plus important (attention, instant cucul à venir), parce que peu importe où je serai dans le monde, mes vrais amis sont en Belgique et que le plus important à mes yeux, c’est qu’eux restent près de moi quoi qu’il arrive 🙂

Je pense que c’est un des premiers articles aussi “tranche de vie”, aussi intime que j’écris sur ce blog mais ce genre d’exercice me plait beaucoup et me permet de partager mon expérience en toute transparence avec vous et de me faire des souvenirs écrits ! J’espère que mon récit vous aura plu.
Et vous, comment construisez-vous vos relations sociales à l’étranger ?


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14 Replies to “Ma vie d’expatriée #6 : les relations sociales.”

  1. Je n’ai jamais vécu à l’étranger donc je ne peux pas me prononcer. Par contre, j’ai remarqué effectivement que les gens viennent parfois moins facilement vers nous quand on est deux que quand on est seul. Personnellement, être seule ne me dérange pas. J’ai récemment déménagé et par conséquent, je ne connais personne aux environs. Je suis avec mon chéri et pour l’instant, on essaye de prendre nos marques petit à petit. Je ne dis pas que je ne veux pas avoir d’amis mais comme toi, même si certains sont loin, on ne les oublie pas.

    1. Je pense, comme toi, que la phase d’adaptation à deux est super importante quand on commence une vie nouvelle dans un endroit tout nouveau aussi 🙂

  2. Je pense que je serais un peu timide sur le moment, légèrement apeurée aussi de quitter mes acquis et mes repères ! Par contre, je suis devenue quelqu’un d’assez sociable (je crois :p ) et j’aimerais faire de nouvelles connaissances, apprendre à rigoler d’autres blagues, et de faire des découvertes sympa ! En tout cas, avec le recul, j’aurais adoré faire ce que tu as fait !

    1. C’est sûr que l’expérience peut paraitre effrayante (elle l’est sur certains points haha) mais elle te pousse vraiment au-delà de tes limites 🙂 Je ne suis vraiment pas la même personne depuis que je vis à l’étranger et ça te forge un caractère !

  3. Nous on a choisi de vivre à Barcelone depuis 4ans… nous n’avons pas eu de difficulté particulière pour se faire des amis mais je pense que le fait de tenir un bar nous a forcément aidé à rencontrer beaucoup de gens … Et puis nous sommes des coutumiers du déménagement ( 5 villes et 2 pays différents en 10 ans) alors peut être que sans s’en rendre compte on a deja l’habitude de forcer un peu le destin et d’aller plus facilement vers les autres pour se créer un cercle social…

    1. Ah oui, le fait de tenir un bar facilite les relations sociales ! C’est sûr que ce n’est “que” mon deuxième pays et le contexte ici à Madrid vis-à-vis de mes collègues est très différent de celui connu à Lisbonne. Les rapports et les affinités ne sont pas les mêmes non plus… J’ai peut-être été plus chanceuse vis-à-vis de mes rencontres portugaises…

  4. Superbe article! C’est pas facile de sortir de sa zone de confort en effet! Je n’ai pas changé de pays mais j’ai traversé complètement la France pour atterrir dans une région où je ne connaissais absolument personne et c’était déjà pas mal comme dépaysement 😂

    1. Hahah tu m’étonnes, le simple fait de changer de décors te fait sortir de ta zone de confort ! Ce n’est pas le nombre de Km qui compte 🙂

  5. Pour nous c’est encore différent car nous vivons l’expatriation en famille ! Et les enfants sont un formidable facilitateur de relation et d’intégration ! Nous l’avions vu en voyage et cela se confirme dans notre nouvelle vie d’immigrés à Barcelone.

    1. Oh oui je me doute que les enfants doivent facilité les choses, ne serait-ce que via leur école 🙂

  6. Il faut un temps d adaptation à tout…. et prendre son temps ça va venir… à chaque déménagement qu on a fait que ce soit en France ou notre séjour Polynésie il m a toujours fallu 4 à 6 mois pour recréer mon petit environnement social et être bien😉

    1. J’ai un côté très impatient qui fait que je veux tout, tout de suite haha ! Mais je sais que ça viendra avec le temps, comme pour tout 🙂

  7. Je ne suis jamais partie en couple mais je crois effectivement que c’est moins “vital” d’aller vers les autres quand on est deux. On finit presque par s’auto-suffire! Avec mon copain, on a la flemme d’aller se faire de nouveaux amis depuis qu’on est ensemble (on s’est rencontrés au Canada) et c’est un tort !

    1. Je suis bien d’accord avec toi concernant “l’auto-suffisance” ! Mais je suis sûre qu’à un moment ou à un autre, ça ne suffira plus justement haha ! On a tous besoin de contacts sociaux, autre que celui de l’être cher ou de la famille 🙂

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