La conjuration des imbéciles (J. K Toole)

C’est Monsieur qui m’a offert ce livre l’année dernière à l’occasion de mon anniversaire. Je ne connaissais ni l’auteur ni le livre en lui-même.
C’est un de ses romans préférés et pour lui, c’est LE classique de la littérature américaine.

L’histoire du livre est assez intéressante (et même tragique) puisque l’auteur, âgé de 21 ans, s’est suicidé parce qu’il n’a jamais réussi à faire éditer son bouquin… Et puis, un jour, son livre a été découvert et il a connu un véritable succès à titre posthume en recevant même le prix Pulitzer.

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Le speechNouvelle-Orléans. Ignatius J.Reilly a 30 ans et vit toujours chez sa mère. Grotesque et en marge de la société, il se voit dans l’obligation de chercher du travail. Entre péripéties, monologues et sarcasmes, le livre nous emmène dans ses aventures les plus burlesques et cyniques.

Ce que j’en ai penséPour être 100% honnête avec vous, il m’a fallu trois plombes pour finir ce roman et pour rentrer dedans.
J’ai été très déstabilisée par le style d’écriture très “parlé”. Sachant que l’auteur s’est suicidé en 1969, il utilise beaucoup de langage et d’expressions d’époque qui ont été traduit de l’anglais américain au français. Ce n’est pas vraiment le style d’écriture auquel je suis habituée quand je me plonge dans un livre (vous le comprendrez vite si vous lisez mes autres critiques littéraires).
Et puis, je n’ai pas trop compris l’intérêt du roman au début (quand je dis “début”, j’ai commencé à être bien dedans à la moitié du livre… voilà voilà). Pour moi, c’était une histoire sans être une histoire. Je ne comprenais pas où l’auteur voulait en venir, pourquoi il s’était amusé à mettre en scène un personnage aussi grotesque, odieux et repoussant qu’Ignatius (le gars est un rien sociopathe et mysanthrope).
Mais je me suis tout de même forcée à le lire parce que c’est un cadeau (et ne venant pas de n’importe qui non plus 😉 ) et que ma maman m’a bien éduquée !

Après plusieurs heures de désespoir littéraire, je me suis avouée à moi-même que cet Ignatius me faisait sourire de plus en plus, que les situations rocambolesques étaient non seulement divertissantes mais, pour l’époque, très avant-gardiste sur notre société actuelle.
En effet, il est obligé de chercher du travail, de s’introduire dans une société qu’il juge ne pas être faite pour lui. Tout au long du livre, il va être comme une tornade et littéralement tout casser sur son passage, aussi bien les biens matériaux qu’intellectuels. Il va être amené à rencontrer une multitude de personnages tous aussi barrés les uns que les autres qui, à leur manière, sont eux aussi en marge de la société et éprouvent des difficultés à se faire une place dans ce monde de requin (d’où l’avant-gardisme du livre).

En fait, “La conjuration des imbéciles” n’est qu’une critique cynique et sarcastique d’une société qui n’a finalement pas tant changé que ça.
Elle nous montre (c’est mon analyse, tout le monde ne sera peut-être pas d’accord), que la société nous impose d’être dans un moule, que les différences raciales et éducatives gênent parfois (souvent, même) et que les personnes intellectuellement supérieures (ou qui se croient supérieures du moins) sont prises pour des folles.

Finalement, “La conjuration des imbéciles” reste une belle découverte. Ou du moins, une découverte étonnante. Jamais je n’aurais pensé un jour lire un livre aussi déroutant et parfois dérangeant. Mais son sarcasme (j’adore le sarcasme) et son regard sur la société donnent envie de continuer à tourner les pages.
On passe un bon moment, il faut s’accrocher parfois mais je pense qu’il vaut vraiment la peine d’être lu.

Avez-vous déjà lu ce roman ? 🙂

 

 

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